Nikita Bier, le patron produit de X, a annoncé que la plateforme allait baisse nettement les revenus partagés avec les comptes qui volent du contenu et abusent des "Breaking News". Les premiers comptes qui en abusent voient déjà leur paiement tomber à 60%. Objectif affiché : rendre de la visibilité et de l'argent aux vrais créateurs.
Une annonce qui vise les fermes à engagement
Nikita Bier, responsable produit chez X, a donc détaillé le nouveau tour de vis sur la monétisation. Dans son message, il tape directement sur les comptes qui inondent le fil avec des reprises d'articles ou des "BREAKING" posés sur chaque post. Selon lui, inonder la timeline avec cent reposts volés et du clickbait tous les jours asphyxie les vrais créateurs et freine la croissance des nouveaux auteurs. Le ton est clair, et c'est assez rare venant d'une plateforme qui a longtemps laissé faire ce genre de pratiques.
60% puis encore -20% pour les agrégateurs
Les chiffres sont précis. Tous les comptes identifiés comme agrégateurs ont vu leur part de revenus tomber à 60% sur le cycle actuel. Au prochain versement, ce sera encore -20%, soit une division par plus de deux en deux mois. Par contre, les habitués du "BREAKING" sensationnaliste écopent d'une déduction permanente sur leurs revenus de créateur. L'exemple le plus parlant, c'est Dom Lucre et ses 1,6 million d'abonnés, qui a été démonétisé sans préavis. Les Community Notes avaient documenté 91 usages de "BREAKING" en une seule semaine sur son compte, souvent pour pas grand chose.
Une règle floue qui inquiète les créateurs
Bier a tenu à préciser que X ne toucherait jamais à la liberté d'expression ni à la portée, mais refuse de payer pour de la manipulation. Le souci, c'est que personne ne sait vraiment à partir de quand un compte devient "habituel" aux yeux du système. Combien de "BREAKING" par semaine avant la sanction ? Sur quelle période ? Mystère. Plusieurs créateurs sérieux s'inquiètent déjà du risque d'être pris dans le filet sans moyen de contester. Et puis rien n'a changé côté algorithme : il continue de pousser les posts émotionnels et polarisants, ceux-là même qui font vivre le clickbait.
On en dit quoi ?
C'est un mouvement intéressant sur le papier. Depuis deux ans, X paie à tour de bras des comptes qui se contentent de recopier des news en rajoutant des majuscules et des émojis d'alarme. Sauf que voilà, tant que l'algorithme récompense l'engagement à n'importe quel prix, les agrégateurs trouveront toujours une façon de contourner la règle. Changer un mot, virer l'émoji rouge, et les voilà repartis. On a un peu l'impression que X s'attaque au symptôme sans toucher à la maladie. La vraie question, c'est plutôt : à quand une purge du côté de l'algo lui-même, celui qui récompense la colère ?